Mexico

Mon père s’est créé tout seul sa carotte pour cet été : il a bossé comme un fou toute l’année et tout manigancé pour pouvoir partir avec sa femme et ses trois filles ; 20 jours à arpenter le Mexique, de la métropole aux plages paradisiaques. Nous sommes au complet dans l’avion, surexcités.

_MG_3588 copie_MG_3776 copy_MG_3572 copy_MG_3573 copy_MG_3576 copy

Nous allons passer nos quatre premiers jours à la capitale.  On débarque aux aurores, complètement explosés. L’excitation de la montée dans l’avion s’est juste transformée en « mettez moi dans un lit s’il vous plait ».
Première mission : trouver un taxi sans se faire arnaquer dans l’énorme aéroport de cette immensité de plus de 8 850 000 habitants. Oui. On se sent tout petits. Minuscules même… Déjà que Marseille ça me paraît grand!
L’heureux élu chauffeur de taxi ne nous rassure pas vraiment lorsqu’on lui donne l’adresse de notre hôte. Il prend un air sombre et inquiet « Mais c’est dangereux comme quartier, vous ne devriez pas y aller avec vos enfants, je connais d’autres hôtels ou vous serez bien mieux et en sécurité ». Ah. Ouai. Cool. Bon… On ne sait pas si c’est du lard ou du cochon. Enfin. On arrive quand même et Abraham, tombé du lit, les yeux pas encore tout à fait ouvert tente tant bien que mal de nous rassurer. « C’est vrai, que le quartier était dangereux à un moment, mais là tu vois c’est calme maintenant, ça devient un quartier sympa…. » Ok ok, en tout cas, dans la maison, aucune inquiétude, on est safe. C’est une grande maison où les pièces, sur plusieurs étages, s’articulent autour d’une cour intérieur. Ça fait bien « mexicain ». Ils ont acheté cette maison tous les trois Abraham, sa femme et leur toute mignonne petite. Trop grande pour eux, ils la font vivre en chambre d’hôte. C’est tout à fait charmant, les chambres et salles de bain sont très agréables, les draps sentent bon.. Il n’y a que la cuisine qui manque un chouïa de propreté, mais bon… L’ambiance est sympa et on partage cette grande casa avec plusieurs voyageurs, un petit air d’auberge espagnole…

_MG_3781 copy_MG_3601 copy

Ok, on a fait une petit sieste mais maintenant on sautille de curiosité  il faut qu’on aille voir dehors ce qu’il s’y passe, qu’on découvre enfin ce pays dont on ne sait rien. Alors Abraham nous indique un restaurant « typique mexicain » en plein centre. Nous y allons à pied. Woaw. oui, ok, notre quartier n’est pas le plus propre ni le plus animé mais ça va, il fait pas trop peur non plus. (papa & maman gardent quand même le regard inquiet, prêts à bondir au moindre danger) On s’approche du centre centre et on découvre que le dimanche, toutes ces grandes avenues sont piétonnes. Enfin, en tout cas interdites aux voitures ; que des cyclistes ou des piétons. Pas mal pour destresser tout le monde.
Après quelques blocs, on arrive devant le fameux resto. De l’extérieur ça fait rêver : la façade est remplie de jolis carreaux bleus et blancs. On l’appelle d’ailleurs la casa de los azulejos.

_MG_3611 copy_MG_3628 copy_MG_3631 copy

Effectivement, il n’y a que des mexicains, c’est assez grand et la maison est tellement typique qu’on se sent dans le bain… C’est sûr, c’est quand même bien touristique. Les serveuses sont en tenue traditionnelle et il y a un pianiste, c’est marrant, y a comme une ambiance américaine. On fait quand même un petit tour de la maison qui est si belle et au bout de quelques minutes d’attente, on nous installe à une table.

_MG_3622 copy_MG_3641 copyOn nous laisse la carte et cela engendre une longue et difficile réflexion ; enchilladas, tacos, fajitas, quesadillas, que des noms qui font rêver… On pense Old el Paso et on salive puis on se décide enfin. Chacun commande son plat, et nous sommes vites servis : mes enchilladas arrivent bien chaudes et mon ventre est bien vide, le temps s’est arrêté autour de moi, au moins deux heures que j’attends ce moment. Le fromage est fondu, gratiné sur le dessus et il y a une bonne dose, je suis aux anges. Je plante ma fourchette, l’enfourne et là… malheur… désespoir… le fromage, la crème, je ne sais pas trop d’où ça vient mais il y a un goût rance, qui pique mais c’est sûr, c’est pas du piment. Beurk. J’ai envie de me cacher sous la table. Je lève la tête ; mes soeurs et mes parents ne sont pas plus enchantés. Je vois sur leur visage que, eux aussi, regrettent leur choix. Aie. Justine ose : Ahhh mais c’est dégueulasse! Fou rire général. On se dit que c’est le resto qui doit être pourri…  On se jette tous sur le guacamole et les tomates fraîches …_MG_3647 copy_MG_3650 copy_MG_3607 copy_MG_3653 copy_MG_3655 copy

C’est en sortant du restaurant, je crois que l’on a commencé à se rendre compte de la bête. Les rues sont bondées, ça grouille de tous les côtés. C’est dimanche, tout le monde s’agite à ses occupations ; détente, jeux, goûters, frime, prière ; le tout dans une athmosphère touchante mais épuisante. Nous sommes dans l’hyper centre et en profitons pour découvrir, au Palais National du Zocalo les fresques colorées et gigantesques de Diego Rivera  ; Avec la rondeur habituelle des peintures hispaniques, il a raconté l’histoire du pays, des mondes zapothèque, aztèque, maya, les traditions à la colonisation, la révolution… Bourrées de détails et de symboles, que notre géniale guide embauchée au Pied levé, Maria Eva, nous conte avec passions. On va se faire un torticoli… Mais c’est extra._MG_3667 copy_MG_3669 copy_MG_3678 copy_MG_3683 copy_MG_3690 copy

Au fur et à mesure des rues animées, nous découvrons la ciudad de Mexico. En el centro historico, on trouve cette immense place, cernée par quelques grands monuments, notamment le palais et la cathédrale. Nous sommes loin de nos petits centres villes européens, avec petites ruelles et petites fontaines…

_MG_3657 copy_MG_3661copy_MG_3710 copy_MG_3715 copy_MG_3716 copy_MG_3720 copy_MG_3726 copy_MG_3738 copy_MG_3746 copy

_MG_3733 copynb_MG_3741copynb

C’est frappant, les églises sont remplies, c’est le jour du seigneur, on rigole pas avec ça ici on dirait ; ils sont très croyant et on remarquera qu’à toute heure des personnes de tous milieux et de tout âge prennent le temps de prier.

Plus tard nous nous promènerons dans  Condesa, Roma, qui grouillent de salon de the, restos et boutiques sympas… Nous sommes agréablement surpris par l’architecture dans ces avenues, d’une modernité épatante. Pour assouvir notre faim d’européens, vers 18h nous nous installons à la terrasse attirante d’un petit resto italien. Pour mon père, c’est une valeur sûre quand on voyage. A l’apéro, une petite pizza bien fraîche, c’est sûr, c’est de la triche, mais ça fait toujours plaisir.

_MG_4074 copy_MG_4099 copy_MG_4126 copy_MG_4125 copy_MG_4106 copy_MG_4110 copy_MG_3760 copy_MG_3766 copy_MG_3772 copy

Demain, Teotihuacan. Enfin nous allons découvrir ces temples aztèques, maya, zapothèques si intrigants et que l’on voit sur tous les dépliants. Surexitées les 3 soeurs.
On part tôt et on embarque Lisa & Joseph, nos collègues américains du AirBNB car Abraham nous a réservé un mini bus pour faire une pierre deux coups. Pratique et sympathique.
On se lève aux aurores, on s’éloigne de la ville et on commence à découvrir un peu le paysage. Montagnes, panneaux publicitaires colorés, certains encore peints à la mains. Au loin on devine des favelas, et… des cactus! les fameux, ce n’est pas une légende!  30 minutes plus tard, nous arrivons sur le parking géant mais encore vide. On a l’impression de rentrer dans un parc d’attraction. Il y a des files  prévues pour les voitures. Effectivement on a bien fait de venir si tôt, tout est encore désert. On se gare et on entre à pied dans la grande allée qui mène au site. Des baraques à touristes de toutes part ; elles ouvrent à peine mais certains nous alpaguent déjà avec sombreros, bijoux aztèques, étoles ou tapis…. On refuse gentiment (pour l’instant) et on a déjà les yeux en l’air, nous sommes les premiers à mettre un pied sur la pelouse du site, et ça, c’est vraiment une chance de dingue. Ah ouai; quand même. C’est vraiment pas de la gnognotte. On en entend parler on voit des photos, on connait quoi mais quand on y est on est quand même abasourdis. C’est gigantesque. Rangé. Concis. Immense. Calculé.
Devant nous, de grandes allées de pierre et au bout, un grand temple classe, élégant, aux proportions parfaites. Et là… le pourquoi? C’est quoi vraiment toutes ces constructions ? On sait que ça vient de croyances, de religions, que ces temples sont bâtis pour les dieux, mais on veut comprendre là!
_MG_3812 copy_MG_3814 copy_MG_3815 copy_MG_3825 copy_MG_3883 copy_MG_3895 copy_MG_3915 copy_MG_3917 copy_MG_3918 copy_MG_3926 copy_MG_3941 copy_MG_3961 copy_MG_3968 copy_MG_3969 copy_MG_3972 copy_MG_3979 copy_MG_3996 copy_MG_4022 copy_MG_4025 copy_MG_4034 copy_MG_4064 copy

Un super guide nous aborde et on se laisse tenter, il nous fait faire des expériences en tapant des mains de tel endroit précis : ça résonne dans chaque coin des bâtiments et l’echo crée le cri du perroquet. Ca marche! Ca nous montre bien la régularité mathématique des constructions. On se régale. Au milieu les archéologues bossent, le jardinier entame la tonte de ses 10 hectares avec sa minuscule débroussailleuse. D’un regard amusé, on lui souhaite bon courage et nous, on grimpe sur le premier temple : alors là, selon notre guide il faut monter sept marches à gauche puis sept marches à droite : en somme grimper la haut en zigzaguant. L’explication est ésotérique il me semble, j’ai oublié mais c’est pas si con : les marches sont vachement haute et comme ça, on a moins le vertige et c’est moins fatiguant. Où alors le mec s’est complètement foutu de nous et se marre tout seul en nous voyant grimper en Z. De la haut la vue est enivrante : on découvre qu’on n’est pas au bout de nos surprises, la suite est un peu plus loin, avec le temple de la lune et celui du soleil, le plus haut. C’est magique. Là bas, ce sont les restes d’un vrai village, au pied des temples. Le chauffeur du minibus nous avait dit rendez vous dans deux heures mais c’est terrible, on ne veut plus partir. Cet endroit est tellement réel et tellement mystérieux.

_MG_4137 copy_MG_4155 copy_MG_4162 copy

Après un petit passage vers le fort intéressant musée d’anthropologie, je vous propose de foncer directement à Xochimilco, le mini Venise de Mexico.

Les familles du coin ont cette habitude originale de venir passer, à quelques kilomètres du centre ville, un moment insolite en famille. Pour un anniversaire par exemple ou juste pour réunir tout le monde, ils viennent à Xochimilco. Ils choisissent soigneusement une « gondole » ; la plus colorée et joyeuse possible, et avec un joli nom s’il vous plait ! Un gondolier les guide à travers les canaux, et tout au long de leur promenade ils hèlent mariachis et  vendeurs en tout genre pour se distraire, se nourrir ou boire un (ou plusieurs) verre. Tout le monde se tourne autour dans une ambiance simple, rigolote et familiale. C’est très inhabituel et vachement sympathique, on se laisse porter par le folklore. Nous aussi, tout ça, on sait faire, farniente à l’arrière de la barque au soleil, un petit creux? Pas de problème, on nous passe du mais pour rien du tout, on écoute les chansons des mariachis, qui sont habillés comme des Milords, tirés à quarte epingles, très très classes. Papa ne s’en lasse pas, nous un peu, ça nous casse les oreilles et la sieste c’était bienvenu. Mais tant pis il en redemande quand même. Je dois avouer que c’est joyeux! On déjeune sur le bateau avec toute notre équipe, des tacos typique. Pas de goût rance cette fois ci, ça passe. Et surtout beaucoup de produits frais. Par contre (désolée hein) le boeuf et coupé tellement fin qu’il a été trop cuit une vraie petite semelle. Mais ce n’est qu’un détail ! On a invité notre gentil chauffeur de taxi à partager ce moment avec nous. Il nous dit qu’il a trois filles lui aussi, nous sommes enchantées et curieuses, il nous montre les photos sur son téléphone : ah, ce sont ses chiennes. Trois « fifilles » oui. On ne sait pas si on a mal compris l’espagnol ou si pour lui ce sont vraiment ses filles mais en tout cas, c’est mignon! . D’ailleurs, ce gentil bonhomme va rester avec nous et nous trimballer partout dans Mexico. Sur le bateau, l’équipe est géniale et eux aussi sont en famille. Le doyen, en bon commercial, nous fait découvrir les bijoux qu’il fabrique lui même. Evidemment, on craque. Un pour ramener à la grand mère. C’est bon enfant et on est charmés. Chaque bateau a un prénom, souvent féminin, les couleurs criardes jurent avec la couleur de l’eau. Ils nous jurent d’ailleurs qu’elle est propre, et c’est vrai, ils nous ont montré que dans une bouteille en plastique on ne fait pas plus limpide mais vue du bateau, elle est maronnasse. Ils nous racontent que ces jardins flottants ont été crées par les aztèques il y a bien longtemps, ils y cultivaient fruits et légumes. Ajourd’hui, à priori, ce sont plutôt des fleurs… C’est fou… ils étaient forts ces aztèques, décidément…

_MG_4171 copy_MG_4172 copy_MG_4174 copy_MG_4203 copy_MG_4199 copy_MG_4202 copy_MG_4209 copy_MG_4217 copy_MG_4211 copy_MG_4255 copy_MG_4256 copy_MG_4183 copy

Nous quittons cet endroit improbable pour nous rendre, Oh Joie, (je l’attendais celui là) au musé Frida Khalo. Woaw. Enorme coup de coeur. Nous somme à la casa Azul. Les photos sont inderdites, sil faut payer pour pouvoir en faire. Grande nouvelle, je n’ai jamais vu ça… si tu paies 60 pesos ils t’accrochent un ticket sur ton sac qui prouve que tu as acheté le droit de photographier. J’ai hésité à l’entré et puis je me suis dit, allé, cette fois ci je profite uniquement avec mes yeux. Pourtant j’aurais aimé avoir les photos sous la main pour vous montrer….
Cette maison porte évidemment bien son nom, elle est pire que bleue. Tout est bleu. Un bel azul bien franc, bien profond. On rentre et dans chaque pièce nous sommes scotchés. Tout est pépite de créativité, de douleur, d’amour. L’âme de Frida est dingue, la déco, des détails fabuleux ; dans la cuisine des céramiques avec leurs prénoms incrustés dans les murs : Diego d’un coté, Frida de l’autre. La chambre, avec un miroir au dessus de son lit, pour qu’elle puisse se peindre malgré son incapacité à se lever. Un atelier géant, avec une grande table, son fauteuil roulant, les idées plus saugrenues les unes que les autres, le jardin flamboyant. Dans la cour, sur le mur, en blanc sur le fond bleu « Frida y Diego vivieron en esta casa 1929-1954 » Tout est fou. Sur les murs, les peintures, biensur, mais surtout les photos, les films les accoutrements de Frida : c’est tout cela qui marque. Elle est la, ils sont là autour de nous. On en prend plein la vue, et on souffre avec elle. L’art Frida c’est un mode de vie, la peinture ce n’est qu’un détail, un outil qu’elle avait trouvé pour laisser s’échapper ces innombrables folies, idées, envies, frustrations enfouies en elle. Elle transformait tout ce qu’elle touchait, en apportant de la couleur, de la vie, de la poésie.

_MG_4280 copy

_MG_4270 copy_MG_4285 copy_MG_4290 copyhttps://www.instagram.com/p/ruMqcWNget/?taken-by=carolineferaud
Un point négatif ; J’ai été particulièrement déçue par la boutique du musée. Je m’attendais à trouver des souvenirs plus que géniaux et à me remplir les poches mais bof… même les cartes postales ne sont pas de très bonne qualité. C’est bien dommage. Bon, j’en ai quand même acheté deux ou trois…

Malheureusement, on n’a pas vraiment eu le temps de se balader dans son quartier et puis il pleuvait mais ça a l’air vraiment tellement sympa…

La visite à Mexico se termine demain matin, ce soir, plus assez d’energie pour reprendre un taxi pour aller diner. Alice a une idée : si on achetait des pâtes et du beurre? Comme ca, pas de surprise, on mange que ce qu’on connait. Vendu. On file à l’alimentation du coin et on se débrouille donc pour cuisiner quelque chose dans la cuisine commune du Airbnb. Les pâtes cuisent, on a faim, on est contents. Tout est prêt, papa descend et on se fait tous un bol. Malheur. Le goût du beurre, on y revient. Beurk c’est dégueulasse. Des coquillettes au beurre dégueulasse. Comment ils font…? Fou rire familial à nouveau : je vous jure qu’être français et partir à l’étranger… niveau bouffe, c’est souvent un handicap… c’est ce qui s’appelle être mal habitué… Ou trop bien…

Nous filons demain matin en bus vers Oaxaca….

_MG_4267 copy

Publicités

2 réflexions sur “Mexico

  1. Pingback: Oaxaca

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s