Mazunte (Par Alice Feraud)

Comme je l’ai annoncé sur la page « A propos » du blog, certains articles seront signés de la plume de mes amis, rencontres, parents… Car j’ai envie parfois leur laisser la parole. Une petite poule, deux petites poules, trois petites poules pensent toutes que plus on est de poules, plus c’est chouette. A la condition bien sûr d’être dans le jus et d’être au diapason du poulailler!
Aujourd’hui, c’est la plume fraîche et nostalgique de ma soeur Alice qui va vous conter le pacifique… Après Mexico & Oaxaca (article iciici ), nouvelle destination de notre voyage au Mexique… laissez vous emporter…. un peu de chaleur ne vous fera pas de mal, en attendant le Printemps…

_MG_4697 copy_MG_4753 copyJe garde un souvenir tellement gai et chaud de cette étape au Mexique. Après notre passage à Oaxaca, toute la petite troupe que nous sommes est montée en voiture et nous avons filé tout droit vers le sud à moins de 300 km de là. En quelques heures seulement, et pas des plus agréables, (Je vous le disais !) nous sommes donc passé d’un univers plutôt frais et montagneux, à ces paysages paradisiaques et tropicaux du Pacifique. Une arrivée assez étouffante dans cet endroit humide et garni de verdure, un accueil chaleureux dans une chambre d’hôte accrochée sur le haut d’une falaise surplombant l’océan et quelques minutes plus tard mes soeurs et moi étions déjà prêtes à enfiler nos maillots. Et c’est à ce moment précis que ma peau aurait dû se garnir d’écailles pour les jours à venir : ma soeur Justine et moi avons passé le plus clair de notre temps dans l’eau. Caroline, quand elle ne nous rejoignait pas, passait souvent du temps à se dorer la pilule en bouquinant non loin de nous, ou prenait quelques photos, puis allait nager les palmes au pieds quand l’envie la prenait.

_MG_4716 copy_MG_4713 copy_MG_4711 copy_MG_4708 copy_MG_4707 copy_MG_4703 copy_MG_4702 copyArrivés sur place donc, on découvre qu’il suffit de descendre quelques dizaines de marches d’escalier pour arriver sur la plage qu’on peut observer depuis notre perchoir : premier bain dans le Pacifique, on l’attend depuis longtemps celui là! Et l’eau y est tellement chaude et douce qu’on ne veut plus la quitter. Même après un bain de plusieurs heures dans l’océan, on ne se lasse pas de retourner plonger un coup dans la piscine avant d’aller tristement retrouver un endroit beaucoup plus commun et indubitablement bien moins amusant que les deux bains précédents : la douche.

Mais les raisons pour lesquelles nous ne voulons plus quitter l’eau sont bien précises.

D’abord je me suis rendue compte qu’il est très difficile de se sentir bien et fraiche en dehors de l’eau à moins de rester immobile et d’attendre une éventuelle brise rafraichissante, même après la douche, même le soir quand le soleil est parti depuis longtemps et oh grand Dieu, même la nuit, obligées de dormir au dessus du drap, bras et jambes écartées tel Jésus Christ sur sa croix. La pire sensation étant de sortir de cette eau très salée et de devoir remonter une à une les marches d’escalier qui nous avaient parues si excitantes à la première descente. Avoir le corps salé, la peau qui devient moite dans cet air chaud et humide, sentir que l’on transpire alors que l’ont vient à peine de quitter l’eau : la meilleure solution qui s’offre à nous est donc tout simplement de replonger aussitôt.

Pour en revenir à la deuxième raison, évidemment, pas besoin d’être un professionnel du surf et de la glisse pour apprécier ces énormes vagues que nous offre l’océan Pacifique. Autour de Mazunte, plusieurs plages sont accessibles, certaines étant largement praticables pour un nageur sans matériel, et d’autres beaucoup plus dangereuses, parfois mêmes seulement réservées aux surfeurs. Mais même les plus petites vagues qu’on rencontre sur ces plages suffisent à nous satisfaire tellement elles dépassent nos espérances, nous les habitués de la Méditerranée en plein été. Et le plus dur dans ces cas là, c’est de faire son entrée dans l’eau sans fracas, il faut capter le moment précis entre deux creux de vagues, anticiper l’arrivée de la prochaine secousse en observant la houle, et quand on sent que c’est le moment, on se lance! Sinon on se fait rejeter par les remous qui s’écrasent sur la plage et on a plus qu’à recommencer. Une fois dans l’eau on adore faire mine de surfer sur la vague juste avec notre corps, et tenter notre meilleur crawl pour essayer d’aller jusqu’au sommet de la crête, au risque de finir dans les rouleaux, se faire mouliner entre sel et sable comme dans une machine à laver, boire une ou deux fois la tasse et terminer notre aventure la tête à l’envers, le maillot en vrac et le souffle coupé. Et on aime tellement ça, qu’on recommence encore et encore, on se laisser bercer par les courants, on tournoie dans l’eau à notre guise, cette eau dans laquelle on peut rester des heures tellement elle est bonne. Puis un jour, maman nous rejoint dans les vagues. D’habitude elle préfère s’attarder sur le bord de l’eau à observer les coquillages et autres bois flottés, ou encore aller nager dans son petit coin dans une eau plus calme, puis enfin admirer le paysage qui l’entoure et nous lancer fièrement et émerveillée « mais regardez ces couleeeeeeurs ». Mais non, aujourd’hui maman décide d’affronter l’océan, il faut dire qu’on l’a convaincue ; nous passons des heures à s’amuser dans cette eau merveilleuse et on ne s’en lasse pas, elle veut tenter l’expérience. Elle y rentre sans problème, au moment choisi hop hop hop elle avance au trot pour vite se placer derrière la naissance des vagues. Ouf, elle est sauvée ! Tourbillons et autres cascades s’en suivent dans cette eau dense qui nous porte, on se régale à partager ça en famille. Au bout d’un moment elle fatigue et décide de retourner sur le sable, la terre ferme c’est plus safe, il faut dire qu’on s’épuise facilement dans cette eau qui remue sans cesse, d’autant plus qu’il faut garder de la force pour en sortir à la fin. Du coup, on la prévient « Attention maman, vas y au bon moment, nage jusqu’à ce que tu aies pieds, et quand tu peux marcher, cours avant qu’une vague ne te rattrape ! ». Elle s’y attèle : elle chope une grosse vague qui la ramène un peu plus près de la plage, quelques brasses de plus puis elle tente de se lever, elle regarde derrière elle et se lance. C’est là qu’on la voit partir sur un de ses meilleurs sprint, pas facile de courir correctement dans un sable mouvant, l’eau jusqu’aux genoux. Mais ça n’a pas loupé, la vague a été plus rapide, maman se fait engloutir par une petite maligne qui a rattrapé ses jambes avant qu’elle ne quitte les remous. Éclats de rire instantanés. Elle sort la tête de l’eau les cheveux devant les yeux, secouée, essoufflée, mais déterminée à quitter les humeurs de Poséidon : ni une ni deux elle reprend sa course à mi chemin et finit par atteindre le sable chaud et sec. Alléluia !

_MG_4777 copy_MG_4768 copy_MG_4764 copy_MG_4774 copy_MG_4790 copy_MG_4792 copy_MG_4798 copy_MG_4811 copy_MG_4838 copy_MG_4848 copy_MG_4859 copy_MG_4879 copy copy_MG_4892 copy_MG_4908 copyPour notre dernier jour au paradis nous avions prévu une petite sortie en bateau, à vrai dire, cet endroit n’étant pas vraiment touristique, la chose s’était plus ou moins préparée sur le pouce. Deux jours avant, nous avions vaguement parlé à un homme tatoué, bronzé et sympathique sur la plage, et qui avait l’air d’être du coin. Il nous avait proposé une sortie pour voir les dauphins et les tortues, pourquoi pas. Le jour J, donc, un peu dubitatifs mais excités, on se lève presque aux aurores pour partir de bonne heure. En arrivant sur la plage on rencontre un petit groupe de personnes parés à embarquer avec nous. Sur le sable, est posé un joli bateau type grand pointu en bois, avec un petit toit pour se protéger du soleil, armé d’un gros moteur hors-bord. Comment on va le rentrer dans l’eau celui-là ? Eh bah c’est tout simple, notre ami le bronzé-tatouté (je ne connais plus son nom) entre en scène et nous présente les activités de la matinée, puis nous annonce que ce bateau ne pourrait pas partir pas sans toute cette petite troupe, évidemment, plus on est de fous plus on rit. C’est parti, ho hisse, ho hisse, quelle merveilleuse synergie, le navire décolle du sable sans aucun problème et regagne son élément d’origine. On embarque donc tous les pieds mouillés par cette eau qui nous avait déjà manquée, le soleil est en train de se lever, la mer est plutôt calme, l’air marin nous apporte un peu de fraicheur, c’est un délice. On fonce vers le large, on observe l’horizon, puis on entend d’autres passagers s’émerveiller sur l’apparition de petits ailerons, mais oui ils sont là, les dauphins sont venu nous dire bonjour ! Aaaah Mazunte, ici pas d’artifices, on peut encore partager des moments privilégiés avec la nature en petit comité, et c’est un régal. Les tortues aussi sont au rendez-vous, on s’arrête pour les observer et les toucher si on le veut, puis plus tard on nous dit qu’on peut se baigner, c’est sans aucune hésitation qu’on regagne notre bain préféré. Un masque et un tuba, et c’est parti, c’est ça la simplicité. On nage dans un aquarium, notre jungle boy me tend un poisson tout gonflé tout rond et me dit de le tenir sans le serrer, le poisson en question ne rechigne pas, et j’ai juste à l’entourer de mes mains en l’effleurant à peine pour qu’il reste. Je suis subjuguée et m’empresse de montrer ça à mes soeurs, le poisson passe de mains en mains, puis au moment de partir, on lui redonne sa liberté, il s’en va lentement, à son rythme, au gré des courants, ignorant qu’aujourd’hui il aura illuminé des visages.

À notre retour sur la plage, on observe la technique des locaux pour faire remonter le navire sur le sable : après nous avoir déposé, l’un d’eux reste à bord et retourne au loin prendre de l’élan. Il va vraiment faire ça ? Il fonce droit sur la plage, déterminé, puis au dernier moment relève le hors-bord pour sauver l’hélice du choc et le voilà sur la plage, un dernier petit coup de pouce de notre part l’aide à s’écarter complètement des vagues et de la marée.

_MG_4737 copy_MG_4736 copy_MG_4758 copy_MG_4745 copyL’après-midi même, nous avions réservé un cours de surf, quoi de mieux que d’apprendre à surfer dans cet endroit magique ? Pour vous dire, cet endroit est tellement isolé et dépeuplé de la foule touristique qu’un seul stand seulement proposait des cours. Et vous ne connaissez pas la meilleure ? L’unique prof est français. Génial ! Jusque là tout va bien, tout va bien oui, mais attendez la suite. Arrivés devant le stand, on nous annonce que le cours est annulé, car un groupe a pris toutes les places, mouais, c’était bien la peine de réserver… Un peu fâchés et surtout déçus, on retourne dans l’eau pour se consoler dans les vagues. Au loin sur la même plage on peut observer tristement et jalousement le cours de « ceux qui nous l’ont piqué ». Justine me fait remarquer que le groupe de personne a l’air d’être une colonie de vacances. Attends voir. Ça résonne dans ma tête. Colonie de vacances. Mazunte. Mais oui ! Ça devrait correspondre à la bonne période. Une amie m’avait parlé de sa petite soeur qui devait partir en colonie de vacances et passer par Mazunte. J’observe plus assidument les jeunes ados autour de nous, ils parlent français, c’est sûrement eux! C’est difficile de repérer quelqu’un dans l’eau alors que seules des petites têtes dépassent de la surface, mais je finis par tomber sur Sofia, la petite soeur de Léa. Je l’appelle, et étonnée, elle me regarde et tente de me reconnaître, ses amis autour d’elles sont aussi surpris et lancent des « Mais…tu la connais ? Mais c’est qui ? ». Je lui dis mon nom et elle tilte immédiatement, on est toutes les deux subjuguées par cette rencontre inopportune. Non mais c’est vrai ! Je suis là à nager dans l’Océan pacifique sur une plage pas touristique pour un sous, et voilà que je croise quelqu’un que je connais. Cet endroit est fou, cet endroit est magique ! Et au fait, sans rancune pour le cours de surf hein 😉

Dernière nuit dans « mon endroit préféré au monde », ce soir là on découvre un hôtel qui fait restaurant au bord d’une plage un peu plus loin. Un autre couple de la chambre d’hôte nous accompagne et quelques minutes plus tard nous voilà attablés dans cet endroit parfait, quelques flambeaux plantés sur la plage, les pieds dans le sable et le bruit des vagues dans les oreilles. En plus de ça on se régale, on découvre, on discute avec ces gens rencontrés un peu plus tôt, c’est un peu ça les voyages, des endroits, des galères, des gens, des rencontres… et en bons français que nous sommes, si en plus de ça on peut manger comme des rois, on est les plus heureux de la terre.

Le lendemain c’est le grand départ, triste de devoir quitter si vite ce lieu auquel on s’attache déjà. Mais Mazunte nous donne un coup de pouce en nous dissuadant, un départ sous la pluie c’est triste, mais c’est peu être le moment de partir pour de nouvelles aventures, non?


Alice Feraud

 Toutes les photos sont de moi, exceptée celles où je suis dessus (fallait bien aider à pousser le bateau ! j’ai une robe jaune, on peut pas me rater, et c’est notre douce mère qui photographie. Ah oui, y ‘a celle où on saute avec papa aussi, encore maman, la photographe!)

Les Bonnes Adresses :
Casa Pan De Miel : Un havre de paix qui domine la baie, les chambre merveilleuses, Anne au petit soin et les petits déjeuners inoubliables
El Alquimista, Zippolite, les pieds dans l’eau, à la lueur des bougies, des produits de la mer cuisinés finement : le bonheur
Estrella Fuggaz : tapas, mojitos, petits plats frais et lieu magnifique, au bord de l’eau…

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